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Néolithique final, environ –2000 ans avant Jésus-Christ :
Station lacustre à l’entrée du Thiou, au sud-est de l’actuelle Ile des Cygnes (artificielle), à 150 ou 200 mètres du rivage d’aujourd’hui. Cette première manifestation d’habitat humain a sans doute disparu dans un incendie.
50 ans avant Jésus-Christ :
L’active cité romaine de BOUTAE s’installe dans la plaine des Fins, à la conjonction des trois voies qui ouvrent des débouchés sur Genève, sur les vallées de la Maurienne et de la Tarentaise, (la route de l’Italie) par la rive gauche du lac et enfin sur la France, Chambéry et Vienne en longeant le versant ouest du
Semnoz. Les invasions successives provoquent son déclin dès le IIIème siècle pour achever sa destruction au Vème et Vième siècles.
IXème siècle :
Une nouvelle concentration de population se développe sur le coteau voisin (Annecy-le-Vieux). Le plus ancien document connu, faisant mention de cette communauté, sous le vocable d’ANESCIACUM, date de 867. Il s’agit d’un acte de donation à son épouse Thietberge par le roi Carolingien Lothaire II, arrière-petit-fils de Charlemagne.
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XIème siècle :
Début d’organisation d’une cité naissante entre le promontoire du Crêt du Maure et les rives du
Thiou. Création de remparts, d’un château dont le vestige le plus ancien est la Tour de la Reine
(XIIème siècle). Une église qui est mentionnée dans trois documents du XIIème siècle. Cet édifice religieux subsistera jusqu’à la Révolution. Centre d’échanges et de commerce, cette petite ville du Moyen-Age abrite aussi une industrie florissante : le Thiou actionne des moulins qui fournissent la force motrice à des meules, des battoirs, des soufflets de forges. Tanneurs, potiers, couteliers voisinent avec fabricants d’épées.
XIIIème siècle :
Le Comte de Genève, en conflit avec l’autorité épiscopale doit quitter cette ville. En 1219, il s’installe à ANNECY qui devient alors capitale politique du Genevois. Cette résidence comtale engendre de nombreuses transformations dans la cité et des activités nouvelles. Ses fortifications sont renforcées, de nouvelles portes sont édifiées : celle de la Filaterie en 1316 et celle du Pont de Bœuf en 1327.
XIVème siècle :
Pour remplir sa nouvelle fonction la forteresse primitive s’agrandit d’un logis en 1333 et devient château. Un atelier monétaire s’installe au Palais de l’Isle en 1356. Notre Dame de Liesse est le lieu de sépulture des Comtes. La fondation des « Grands Pardons » en 1394 attire une foule considérable de pèlerins.
Xvème siècle :
Le dernier descendant des Comtes de Genève étant mort sans héritier, Amédée VIII de Savoie rachète en 1401 le Comté et l’intègre à ses états dont le siège est à Chambéry. Cet événement prive Annecy de son rôle de capitale mais elle retrouvera quelques années plus tard des fonctions résidentielles et administratives avec l’installation des cadets de la famille ducale de Savoie, au profit desquels l’ancien Comté est constitué en apanage à deux reprises ( 1434 à 1491 et 1514 à 1659). Elle connaîtra une plus grande notoriété encore avec l’arrivée dans ses murs des congrégations religieuses qui fuient Genève où triomphe la Réforme.
XVIème siècle :
En 1533 l’Evêque lui-même décide de se fixer à Annecy, considérée comme une des citadelles de la Contre-Réforme. L’influence de Saint François de Sales durant son épiscopat de 1602 à 1622 est profonde.
XVIIème siècle :
Saint François de Sales fonde en 1610, avec Madame de Chantal, l’ordre des religieuses de la Visitation. Dans le XVIème siècle et jusqu’au milieu du
XVIIIème, ANNECY doit subir les remous que provoquent les différents conflits qui surgissent entre le Royaume de France et le Duché de Savoie plusieurs fois occupé par les troupes françaises. Sauvé par le traité d’Utrecht en 1713, le Duc de Savoie, en plus des ses états retrouvés, reçoit la couronne royale de Sicile, échangée quelques quatre ans plus tard avec l’Autriche contre celle de Sardaigne.
XVIIIème siècle :
Le duché devient donc en 1718 (traité de Londres) l’Etat Sarde ou Royaume de Sardaigne dont la Savoie fera partie jusqu’en 1860.Occupation de la Savoie par les Espagnols, conséquence de l’alliance entre le roi de Sardaigne et l’Impératrice Marie-Thérèse que la succession d’Autriche oppose à la France de Louis XV et l’Espagne de Philippe V (1742-1748).L’armée révolutionnaire pénètre en Savoie en 1792, au lendemain de Valmy. L’événement provoque à ANNECY une épouvantable panique chez les nobles émigrés, prêtres et soldats qui évacuent la ville dans la plus grande confusion. La Convention incorpore à la République la Savoie qui devient le 84ème département français sous le nom de département du Mont-Blanc.
En 1794, arrivée en Savoie du Conventionnel ALBITTE célèbre par sa réputation de raccourcisseur de clocher. Il fait abattre jusqu’à hauteur du toit de l’église, les clochers de Notre-Dame et de Saint-Dominique (Saint-Maurice actuel).
XIXème siècle :
ANNECY connaît un essor industriel exceptionnel : manufacture de coton (700 ouvriers en 1812), papeteries, forges…. Ce dynamisme économique est sans doute le phénomène le plus important enregistré dans le département du Mont-Blanc à cette époque. Le 30 novembre 1815, le drapeau sarde flotte à nouveau sur les édifices publics, un traité européen ayant restitué la Savoie au roi de Sardaigne. Le régime sarde se maintiendra jusqu’en 1860 où le département savoyard est définitivement rattaché à la France par un plébiscite. La ville d’ANNECY comptait alors 10 000 habitants contre 51 143 aujourd’hui. Le plan d’urbanisme d’Annecy, inspiré par l’architecte RUPHY et signé
ALBITTE, est presque intégralement réalisé sous la restauration sarde, la réaction thermidorienne n’en ayant pas permis la mise en chantier immédiate. Ce projet prévoyait notamment la démolition des remparts qui enserraient la ville, la destruction d’îlots de masures insalubres, l’élargissement et la création de voies nouvelles. Ainsi la route en direction de Faverges sera remplacée par un nouveau tracé au bord du lac entraînant la disparition de la pointe du roc de la Puya en 1818-1821. Le percement de la grande artère principale qui devait sauver la vieille ville de toute atteinte, s’effectuera en 1823 sous le vocable de rue Neuve (aujourd’hui rue Royale). Elle sera prolongée par la suite dans un tracé rectiligne, à chacune de ses extrémités : au couchant par la route de Chambéry qui franchissait le Thiou sur un pont, qui en 1848 devient un pont de pierres « le Pont Neuf », dénomination qu’il porte toujours quoique plus que centenaire. Au levant, au-delà de la rue du
Pâquier, vers le Champ de Mars dont le rivage était assez incertain avant la construction d’une digue qui fut commencée en 1807. Ces aménagements aboutiront à la création de l’incomparable avenue d’Albigny en 1852. Elle sera bordée d’une double rangée de peupliers. En 1854, ceux-ci seront remplacés par une plantation alternée de platanes et de peupliers. Les platanes sont ceux que nous voyons aujourd’hui. La rue de la république sera construite en 1830-1832, en donnant un débouché à l’actuelle rue Jean-Jacques Rousseau qui se terminait en impasse sur l’emplacement de la Bourse du Travail occupé alors par la maison de la notable famille
AMBLET. Toute la circulation empruntant l’axe nord-sud s’effectuait par le cheminement de la Porte
Notre-Dame, rue Filaterie, Pont Morens jusqu’en 1602, date à laquelle un nouveau pont de pierres, construit entre la place Saint-François et la Porte Perrière vint soulager ce trafic. Il prendra le nom de Pont Perrière lorsque sera édifié en 1854 un autre pont entre la place de l’Hôtel de Ville et la place aux Bois. En 1856, les quais de l’Isle et de l’Evêché seront établis tandis qu’auparavant les façades des maisons de la rue Grenette et de la rue J.J. Rousseau baignaient dans le Thiou ou étaient bâties sur pilotis. L’assainissement des marais qui bordaient le rivage du lac, mal défini d’ailleurs, fera l’objet d’importants travaux de 1854 à 1864. C’est de cette époque que date la construction de la gracieuse Ile des Cygnes, mais ce lotissement, gagné sur les marécages, recevra en priorité, avant même l’aménagement définitif du jardin, le nouvel Hôtel de Ville robuste édifice d’inspiration sarde, commencé en 1847 et terminé en 1853.Ces transformations, dont à la base nombre d’entre elles apparaît le plan ALBITTE ou
RUPHY, préfigurent de la ville moderne.
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